« Quelle que soit la violence des critiques, elles ne feront jamais autant de tort aux médecins crapuleux que ceux-ci en font à leurs patients. Et la dénonciation des crapules ne peut pas faire de tort aux soignants authentiques ». Martin Winckler.1
Insultées, menacées, discriminées, les personnes Trans ont longtemps subi des pratiques odieuses dans le silence, l'acceptation, la résignation et la souffrance…
Là où l'on pourrait s'étonner, c'est de voir que la sinistre cohorte de la haine transphobe comporte bien plus de « Bac plus 10 » que de braves gens, et plus de « psys » en tous genres que de M. et Mme tout-le-monde (finalement, une fois qu'on leur a expliqué tranquillement et gentiment les choses, nos concitoyens s'en accommodent fort bien !).
On n'imaginerait pas, sauf à les avoir beaucoup lus et avoir pratiqué leurs victimes, que l'écrasante majorité des psychiatres s'illustrent par un mépris et une haine pathologique des Trans !
Arrivent ensuite les endocrinologues, incompétents pour la plupart en ce qui concerne les Trans, incapables de faire autre chose que de délivrer à hautes doses de l'Androcur®, castrateur hautement nocif, ainsi qu'on le leur a appris… Les endocrinologues ne devraient-ils pas plutôt refléchir avec les personnes concernées aux bonnes pratiques en matière de TSH (Traitement Substitutif Hormonal) ?
Quant à la chirurgie française, elle accumule les approximations, les ratages et les drames. Il faut dire que les chirurgiens français sont pour la plupart des urologues et non des spécialistes de la microchirurgie Trans. Ils ne participent presque jamais aux congrès internationaux de ce qui est censé être leur spécialité. Comment s'étonner alors qu'ils aient l'un des plus fort taux d'échec du monde ? Ce n'est pas un hasard si de nombreuses personnes Trans « opérées » en France ont dû, après des résultats catastrophiques, être réopérées à plusieurs reprises par des chirurgiens étrangers et si certaines d'entre elles engagent aujourd'hui des procédures judiciaires.
Les soi-disant « spécialistes » de la trans-identité nous classent parmi les malades mentaux. Et pour nous « soigner », ils ne reculent devant aucun sacrifice, même si les résultats sont visiblement peu convaincants. Pour le psychiatre Bernard Cordier, responsable de l'équipe « officielle » parisienne, « une psychothérapie chez les transsexuels primaires (les « vrais » transsexuels) ne modifiait pas le problème, pas plus d'ailleurs que les neuroleptiques, les électrochocs, et même la lobotomie ».2
Alors, unanimement transphobe, le corps médical français ? Bien sûr que non ! Nous rencontrons heureusement des généralistes accueillants et capables d'ouverture d'esprit, des endocrinologues qui se forment à l'accompagnement du parcours Trans, et même quelques (rares) psychiatres qui respectent leurs patients.
Reste que la maltraitance médicalo-psychiatrique3 des Trans est une donnée permanente qu'il faut avoir à l'esprit. Les Trans mal informé(e)s entament un véritable chemin de croix, médical et psychique, alors qu'une transition harmonieuse et épanouissante est tout à fait possible.
Il est donc temps d'en finir avec la maltraitance des Trans. Que ceux qui s'y livrent impunément depuis tant d'années, au sein des hôpitaux et des structures de santé, soient au plus vite déchargés de leurs responsabilités et qu'ils cessent de nuire !
« Si nous voulons que ça change, il revient à tous les citoyens et à chacun de dire ce que nous voulons et ce que nous voulons pas, ce que nous attendons des médecins, et ce que refusons. Si les citoyens l'exigent avec assez de force, demain parmi les praticiens il y aura beaucoup moins de bourreaux qu'aujourd'hui, et beaucoup plus de soignants ». Martin Winckler.
1 Martin Winckler, médecin généraliste et écrivain, est l'auteur, entre autres, de La Maladie de Sachs (POL, réédition J'ai lu) et des Trois Médecins (POL).
2 Marianne, n° 58, 1er juin 1998
3 Le maintien de la trans-identité dans la nosographie psychiatrique est un enjeu vital pour les transphobes. Non seulement il leur assure un public captif (driiiing… Money !), mais il leur permet de refuser tout débat avec nous !
© Equipe d'animation nationale, le 14 janvier 2007