Outre le désastreux suivi hormonal et chirurgical infligé à ceux qui font confiance aux soi-disant « spécialistes » de leur « maladie », la non-visibilité des Trans et leur fréquente plongée dans l'anonymat après la transition corporelle ne permet guère un travail d'évaluation des conséquences – ou non – sur la santé des Trans. Même si quelques MtF, sexagénaires ou septuagénaires, nous apparaissent visiblement en aussi bonne forme que leurs consœurs cisgenres du même âge...
À ce jour, aucune évaluation n'a été entreprise en France sur les Traitements Hormonaux de Substitution appliqués aux Trans (comparer les THS avec ou sans anti-androgènes serait pourtant sans doute très instructif !), ni sur les résultats opératoires, ni sur la dépression (corrélativement au maintien d'une bonne insertion ou, à l'inverse, d'une marginalisation sociale) ni sur l'exposition aux MST (où les chiffres les plus farfelus circulent parfois, sans qu'ils semblent se vérifier à l'expérience – même si l'on sait qu'une mauvaise estime de soi induite par la discrimination est toujours un facteur de risque accru).
Il est évidemment hors de question
pour nous – mettons d'emblée les choses au point
– de discuter avec des individus appartenant au corps
médical qui considéreraient la trans-identité
comme une maladie mentale à soigner à coups de
lobotomies, d'électrochocs, de psychotropes et de suivis
psychiatriques sous contraintes... Nous sommes en revanche
disposé(e)s à travailler de façon constructive
avec des médecins qui défendent, comme nous, le respect des personnes et de leur choix de vie.
Tout est donc à inventer.
© Equipe d'animation nationale, le 5 janvier 2008