Pour le Parti Socaliste, les Trans sont des malades mentaux, des anormaux qui doivent être soignées de force ! (Cf. la réponse de madame Ségolène Royal à l'Inter-LGBT, au printemps 2007, prônant un suivi psychiatrique obligatoire par des troïkas transphobes ! Des propos que même Nicolas Sarkozy, qui s'est indigné qu'on nous insulte ainsi, n'ose pas tenir...
On nous dit parfois que nous exagérons, que nous avons mal compris, que le PS ne peut pas défendre de telles positions. Pourtant, dans sa résolution de 2003, La question Trans et l'identité de genre en France, le lobby LGBT du PS, Homosexualités et Socialisme a été jusqu'à insulter la communauté transgenre en affirmant que nous étions « une erreur d’aiguillage de la nature » ! Oui, ils ont osé aller jusque-là... Et on leur fait quoi aux « erreurs de la nature » ?
Alertés à de très nombreuses reprises par des responsables et militants de Trans Aide (dont plusieurs étaient pourtant adhérents PS !), les responsables PS – des sénateurs, des députés, des responsables fédéraux et des candidats aux municipales – n'ont jamais accepté de recevoir une délégation de Trans Aide, ne nous offrant que lapins à répétitions, mépris, silence et même, parfois, comme à Strasbourg lors de la marche des fiertés de juin 2007, des insultes ! Comment s'en étonner puisque nous ne sommes pas pour eux, des êtres humains libres et égaux en droits, mais des « erreurs de la nature...Dans ce pays, le nôtre, aucun gouvernement n'a jusqu'ici défendu les droits et la dignité des personnes Trans.
Le gouvernement de droite actuel continue à s'inscrire dans cette triste tradition.
Mais, du côté du Parti socialiste, c'est donc encore pire, même si tout récemment François Holande semblait vouloir timidement rompre avec la transphobie affichée de nombreux élus PS... Annonce qui n'a cependant été suivie, jusqu'ici, d'aucun effet !
Reste une contribution effrayante de transphobie (ou d'ignorance crasse ?), signée à l'automne 2005 par 200 élus et responsables PS dont Bertrand Delanoë [1], Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn [1] et Nicole Creusot, conseillère générale PS de Nancy-Ouest et tête de liste PS aux municipales de Nancy en mars 2008. Ces élus ont réclamé– en signant une contribution commune rédigée par le lobby « Homosexualité & Socialisme » – des mesures attentatoires aux libertés des personnes Trans. Ce texte, en effet, ne propose pas de « reconnaître les personnes trans comme des citoyen-ne-s à part entière », comme le prétendent les signataires, mais de restreindre encore leurs droits !La partie consacrée aux personnes Trans dénote en effet une profonde ignorance de la réalité actuelle des personnes concernées. Pire : ce texte justifie d'imposer aux transgenres… des soins psychiatriques sous contrainte ! Nous rejetons catégoriquement ces propositions transphobes, indignes d'un grand parti démocratique !
Si cette contribution devenait, en matière de trans-identité, la position officielle du Parti socialiste, cela aurait des conséquences dramatiques pour les Droits et les Libertés des personnes transgenres, non respectées déjà par le gouvernement actuel !
Trans Aide dénonce vigoureusement les propositions scandaleuses à l'égard de la communauté Trans contenues dans la dite contribution et appelle le Parti socialiste à :
Analyse de la contribution incriminée :
La contribution propose la mise en place d'un « protocole général, complété par un protocole additionnel ». Le texte précise ensuite que les « patients » (sic !) « doivent bénéficier du libre choix de composer leur équipe d'accompagnement ». Or qu'est-ce qu'in patient ? Un malade ! Et qu'est-ce qu'une soi-disant « équipe d'accompagnement » ? Une troïka composée d'un endocrinologue, d'un chirurgien, et... d'un psychiatre ! Pour ceux qui ne voudraient pas comprendre la nature répressive de ce texte, la contribution précise que « le suivi médico-psychologique est pris en compte dans le protocole »... Voilà ce que réclament, contre la communauté transgenre, quelques-unes des personnalités socialistes les plus médiatiques du pays, comme Bertrand Delanoë [1], qu'on aurait pensé plus tolérant à l'égard du T du sigle LGBT !
La contribution prétend également instaurer contre les Trans un « dispositif cohérent, contrôlé et acceptable par toutes les parties ». Comment mieux dire que les responsables socialistes signataires du texte refusent aux personnes Trans le droit le plus élémentaire de gérer elles-mêmes leurs choix de vie ? Monsieur Delanoë accepterait-il pour sa propre vie un « dispositif cohérent, contrôlé et acceptable par toutes les parties » ? Les transgenres, pas plus que les homosexuel(le)s, n'accepteront que d'autres qu'eux-mêmes décident de leur vie !
Le passage de la contribution PS incriminée
C'est sur la base de cette directive qu'une première condamnation est intervenue contre la France en 1992, jugement qui a ouvert une voie, encore trop étroite et discriminante, pour obtenir une modification des papiers d'identité.
[1] Monsieur Strauss-Kahn, alerté par nos soins, a nettement infléchi sa position dans un texte du printemps 2007 et Bertrand Delanoé semblerait s'interroger... À suivre.
[2] Discutable par bien des aspects, en particulier la pathologisation, cette résolution est évidemment datée. Elle n'en n'est pas moins un point d'appui précieux pour les personnes Trans, en particulier contre les États les plus discriminants en Europe, dont la France.
© Equipe d'animation nationale, le 14 janvier 2007